Le télétravail est-il l’avenir de l’entreprise ?

Une question épineuse sur l’entreprise 2.0 (?), initiée par la lecture de l’article de L’Atelier sur la question, et qui me replonge dans mes cours de philosophie :

Thèse : les technologies sont prêtes pour le travail à distance, chez soi notamment. Les avantages sont de plusieurs ordres : 1) la réduction du stress lié à l’activité, 2) plus de temps consacré à son travail et 3) plus de temps à consacrer à sa famille, deux points qui découlent en partie du temps gagné sur les temps de trajets en transports en commun. Pour ma part, j’ai deux heures de transport à faire chaque jour pour aller le matin à Nanterre (où nous avons récemment déménagé) et rentrer chez moi le soir dans le sud de Paris. Voici deux heures qui pourraient être mieux optimisées et utilisées, non ?

Anti-thèse : le plus gros problème, d’après une étude menée par la Durham Business School, c’est le fait que le télétravailleur a peur de perdre sa visibilité au sein de l’entreprise. En outre, travailler chez soi, ça veut dire : plus de machine à café (or c’est le lieu où l’on apprend souvent plein de choses), pas de cantine, pas de contacts directs avec ses collègues, “rater les occasions de discuter de manière informelle de leur évolution au sein de l’entreprise”… C’est vrai que ça manque. C’est une situation que j’ai personnellement vécue et quelques fois, il m’arrivait de me retrouver, par exemple, au milieu d’une discussion à laquelle je ne comprenais rien vu que j’avais été absente la veille. Il me manquait le contexte.

Synthèse : la synthèse me semble évidente. Trouver le juste milieu entre travail au sein de l’entreprise et travail chez soi ? Encore faut-il que les entreprises (qui peuvent se permettre ce genre d’organisation du travail) soient d’accord !

Pour vous quelle est la synthèse ?

Additious

La conversation {6 commentaires}

  1. MyAvatars 0.2 ropib {Mercredi 19 mars 2008 @ 5:46 }

    Il ne faut pas oublier que les transports représentent un cout. Ainsi le prix de l’essence augmente et continuera, représentant bientôt un coût qui ne pourra plus être pris en charge que par l’entreprise (désolé), les transports en commun ne peuvent pas récupérer tout le monde sans grands travaux… qui ne pourront être pris en charge que par l’entreprise.

    Pour l’instant tout va bien car le salarié peut encore se serrer la ceinture et l’employeur dire “ça ne nous regarde pas”. Mais ça ne durera pas.

  2. MyAvatars 0.2 Gaetan Dhont {Mercredi 19 mars 2008 @ 6:51 }

    Il y a travail à la maison (dans un espace aménagé) et travail à la maison (au milieu de la cuisine pendant que les enfants jouent et crient à coté.
    Travailler à la maison est pratique quand on a besoin de se concentrer sur une tâche qui ne demande pas d’interaction avec de multiples personnes comme par exemple la lecture d’un document, l’écriture d’un rapport, etc. Chose qui n’est parfois pas optimale dans son environnement de Bureau. Le Home Working prend beaucoup de sens quand il se place dans une organisation tournée vers la vitalisation des équipes sur plusieurs sites/pays/continents.
    Ainsi le Home Working est complètement transparent lors d’une conférence téléphonique avec un support (webmeeting par exemple) dont les participants sont répartis sur plusieurs sites. Il permet notamment de créer une flexibilité dans l’exécution de conférences téléphoniques car la gestion des différences d’heures entres les participants pour être absorbées par le fait d’être à la maison pour exécuter la tâche.
    Un inconvénient majeur du Home Working répétitif est la perte progressive du sentiment d’intégration sociale au sein de ces collègues bureaux ainsi que son identification à l’entreprise.

  3. MyAvatars 0.2 laurent samuel {Mercredi 19 mars 2008 @ 8:40 }

    pas de synthèse possible si l’on reste au seul niveau de l’organisation de la relation de travail dans l’espace (le concept du “télé”). L’entreprise en réseau doit également se donner les moyens juridiques d’autonomiser ses collaborateurs, par exemple en facilitant l’essaimage ou en procurant des garanties alternatives à celles du CDI.

  4. MyAvatars 0.2 ocarbone {Jeudi 20 mars 2008 @ 1:05 }

    Home Working = Gain de temps, Gain d’argent, meilleure rentabilité pour l’entreprise et meilleur cadre (confort) pour le salarié. Encore faut-il en être capable (autonomie etdiscipline sont nécessaire … ainsi qu’un espace de travail adéquate).

    Je pensais aussi que le cadre Juridique n’était pas prêt … mais Xavier (d’ http://www.adverbe.com et de http://www.zevillage.net) m’a rapidement convaincu du contraire ! Je lui laisse la parole sur ce point ;)

    Je m’étonne par contre de l’antithèse proposée … perte de visibilité, être isolé, plus de contact … mais une entreprise imaginerai-t-elle mettre en œuvre du Home Working sans déployer en parallèle les outils et méthodologies accompagnant naturellement le travail collaboratif à distance ?? Je ne pense pas vraiment aux outils de partage de document bureautique (même si ils sont indispensables dans ce cadre) mais plutôt au outils sociaux !!

    X salariés à distance nécessitent un espace de partage d’information asynchrone (lancer des discussions, poser des questions, des appels à contributions … partager un retour d’expérience, des messanger synchrones (pour garder la convivialité, la spontanéité des échanges).
    A mes yeux, le Home Working répétitif n’est donc pas synonyme de perte du sentiment d’intégration sociale ni même de son identification à l’entreprise.

    Pour prendre une image, lorsque l’on a abandonné la carriole trainé par 2 chevaux au profit des voitures … et bien on a pris l’habitude de donner de l’essence aux voitures.

    Mettre en place du Home Working sans outils de réseautage, c’est comme donner du foin à une voiture et s’étonner de ne pas la voire démarrer !

    Voilà pour ma vision générale du Home Working. Ensuite, en guide de synthèse, j’ajouterai que chaque cas est particulier : chaque métier, chaque salarié, chaque entreprise est différent(e)s. Il n’y a donc pas de règle générale à chercher. Pour aller plus loin, je pense que le concept du télé-travail est encore plus large que HomeWorking. La délocalisation fait aujourd’hui ces preuves et on trouve même des secrétaires à distance (là le concept est encore plus fort: les secrétaires à distances peuvent être secrétaires pour plusieurs Boss)

  5. MyAvatars 0.2 Fairweb {Vendredi 21 mars 2008 @ 7:24 }

    La réaction d’Olivier rejoint parfaitement mon point de vue. Le travail à distance nécessite un réseau, des outils collaboratifs… Mais avant de les mettre à disposition des salariés, il faut les former à les utiliser.

    L’isolement, c’est une question de personnalité. D’ailleurs, celui qui se sent isolé dans l’entreprise peut très bien se montrer très extraverti au clavier et c’est souvent le cas. Personnellement, je télétravaille depuis 5 ans (mon contexte est différent, je suis travailleuse indépendante) et j’ai beaucoup de contacts dans la journée via les outils de communication qu’offre le web. Ces contacts peuvent être d’autant plus intéressants qu’ils ne se limitent pas au cercle fermé de l’entreprise.

    Ensuite, il y a le fait que tout le monde n’a pas l’auto-discipline du télétravail. Tout le monde n’est pas capable de se lever et de bosser sans être “surveillé”. Des personnes salariées me l’ont dit elles-mêmes. L’employeur ne peut donc pas mettre tout le monde au télétravail. En revanche, certains salariés seront plus productifs en télétravail, moins distraits (ou agacés) par les collègues qui viennent discuter dans le bureau. C’est mon cas. J’ai besoin de concentration dans mon métier et quand je bosse, je bosse.

    Donc, comme le dit Olivier, c’est une question de contexte, de personnes, d’employeur, de salarié et de préparation à un nouveau mode de fonctionnement. Avec un peu de temps, ça fonctionnera, j’en suis convaincue.

  6. MyAvatars 0.2 Emilie Ogez {Vendredi 21 mars 2008 @ 9:10 }

    Travailler chez soi n’empêche pas les échanges avec ses collègues, effectivement. J’utilise personnellement plusieurs types d’outils : outils de communication, outils de travail collaboratif, outils sociaux… pour travailler avec eux (ou d’autres personnes qui sont hors de la société, comme le souligne Fairweb) lorsque je ne suis pas au siège d’ITS Group. Mais, je pense qu’on ne peut pas se passer de contacts et d’échanges “réels”. Ils sont selon moi essentiels et ne peuvent être totalement remplacés par tous les moyens existants que vous citez. Et c’est sur ce pont que j’insiste lorsque je parle de perte de visibilité, d’isolement, de contacts… Ca dépend bien sûr des contextes et c’est peut-être aussi une question de tempérament (pour ma part, ça me manque quand ça dure trop :) ).

    Sur l’auto-discipline, je suis d’accord à 100 % avec vous. Ce n’est pas donné à tout le monde, certains le disent d’ailleurs :”moi, si je reste chez moi, je ne peux pas travailler”. C’est vrai que si on ne fait pas attention, on se laisse vite disperser.

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