Le Web 2.0 nivellerait la culture vers le bas
26.02.08 - 06:58
Encore un billet intéressant sur Fabulations réelles dans un monde virtuel ! Mon Netvibes m’a mené jusqu’à lui hier matin : “Web 2.0, la réaction s’organise”. C’est un billet rédigé en réaction aux propos tenus par d’Andrew Keen. Ce dernier “dénonce la soi-disant médiocrité de la pensée émanant de la masse et qui trouve écho dans Internet. Il ne semble pas croire que la richesse du foisonnement d’idées générer par la contribution de tous et chacun sur la toile puisse être un puissant levier vers la liberté. Au contraire, ce foisonnement d’idées serait, selon ses dires, subversif.”
Qu’est-ce que ça vous inspire ? Moi, la même réaction que j’ai pu lire à savoir que le Web n’est pas réservé à une élite et que certains ont peur de perdre leurs privilèges ?



Ben c’est un peu léger comme réponse… Quels “privilèges”..? De quelle “élite” parlerait-on ?
Quid de la critique de l’amateurisme que mène Keen..? Elle est tout sauf vide ; il faudrait peut-être y répondre un peu plus dans le détail, non..? Non pas qu’on ne puisse pas la critiquer ; mais le simple “argument” d’autorité consistant à réduire la position théorique de l’adversaire à sa position sociale ou culturelle est un petit peu court…
Personnellement, je suis divisé.
D’un côté, je ne peux m’empêcher d’être choqué par les propos d’Andrew Keen. A l’entendre, seules les personnes supérieurement intelligentes et faisant figure d’experts auraient le droit de s’exprimer sur le net (déjà, qui détermine que tel ou tel est suffisamment intelligent pour avoir voix au chapitre?). On se trouve face à une sorte d’extrêmisme intellectuel que je trouve profondément malsain, et qui traduit en effet la crainte profonde de ce M. Keen de perdre un jour son petit statut de privilégié.
D’un autre côté, le Web 2.0 et son caractère hautement interactif et participatif a mené des dizaines, des centaines, des milliers de gens à s’exprimer sur la toile… mais sous quelle forme? Je sais que je ne suis pas obligé de lire un blog (par exemple) qui ne me plaît pas, mais en tombant sur certains d’entre eux, qui transpirent l’ignorance et l’illetrisme, on se dit que l’époque où il était presque impossible de se faire entendre n’était pas si mal.
En résumé, je pense qu’Andrew Keen est beaucoup trop catégorique et élitiste, mais je pense également qu’être en mesure de s’exprimer ne signifie pas qu’il faille à tout prix le faire (confondant ainsi le droit et l’obligation).
Suis assez d’accord avec le commentaire de Maitre Capello : la généralisation et le réductionnisme sans nuance est une activité dangereuse : Watzlawick et ses amis l’ont d’ailleurs parfaitement montré ! Mais c’est une activité courante pratiquée par exemple dans le domaine de la politique !
Le discours fait un peu lutte des classes…il me semble que les repères changent…c’est en tout cas, à cela que nous invite par exemple Georges Siemens !
http://florencemeichel.blogspot.com/2008/02/du-web-20-lic2.html
Une petite erreur s’est glissé dans votre billet :
il s’agit de Jean-Baptiste Soufron et non pas Soufon
C’est corrigé. Merci.